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Journal d’une botte 29 décembre 2009

Filed under: Écritures/Textes — Laure @ 07:00
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Une petite rédaction sur l’histoire d’une botte 😉 Où plus exactement, son journal intime !

2 Février

Enfin, je suis sortie de ce carton ! Autour de moi, il n’y a que des clones de ma personne. Ils sont tous alignés. Je fais partie d’une collection automne-hiver de chez « dirtyless », un modèle de pied gauche, des bottes de haute qualité. Je suis faite de caoutchouc. Une bande blanche fait le tour de ma semelle et je suis verte, comme les épinards. Un homme m’a prise et m’as placée à côté des autres. Il m’a accrochée avec un pied droit. On a discuté longuement tous les deux.

15 Février

En face, il y a des bottines pour femmes, l’une d’elles me plaît bien. Elle a un haut talon, des paillettes sur le devant, et son regard scintillant m’a charmée dès que je l’ai vue. Mais elle ne m’a pas remarqué. Toujours pas vendue. Je désespère. Même soldée, on ne veut pas de moi.

27 Février

Ma chère bottine a été vendue. Je me sens seule. Heureusement, ma sœur jumelle me console quelques fois.

2 Mars

Le jour que j’attendais est arrivé, j’ai été acheté ! Mon maître était un homme, assez costaud, des joues bien roses, il avait un air campagnard. J’ai salué toutes mes copies, elles m’ont lancé des regards froids, elles étaient jalouses.

3 Mars

Première sortie. Mon maître nous a enfilées à ses pieds. La chaussette qui enrobait le pied était toute douce. Quand il se mit à marcher, mon maître nous a traînés dans la boue. Il marchait dans des champs, des étables et même dans des bouses de vaches ! Ma vie de botte commence bien !

12 Avril

Ce matin, impossible de retrouver ma jumelle. Elle n’était plus à côté de moi, dans l’entrée de la maison. Quand le maître est arrivé, il a cherché partout dans sa cuisine, dans sa chambre, il a demandé à sa femme. Mais ma jumelle était introuvable. Alors il a pris d’autres chaussures. J’étais déçue de ne pas aller me promener – même dans la bouse de vache – voire vexée ! Le soir, le maître est arrivé avec ma jumelle, mais celle-ci avait la semelle trouée. Mécontent, le maître nous a lancées dans le cagibi, ayant des scrupules à nous jeter du premier coup dans la poubelle. La femme de mon maître m’a vue là, plantée comme un malheureux. Elle m’a dérobée et m’a remplie de fleurs. Au moins, je sers encore à quelque chose !

13 Avril

Un femme étrangère est venue aujourd’hui. Elle est restée devant la porte de la maison, juste sous mon nez. Elle portait un paquet avec une étiquette où l’on pouvait lire « Joyeux anniversaire Tonton » et attendait sagement qu’on lui ouvre. Soudain, je fus surpris par un détail. Cela m’en donna un frisson de plaisir. Cette femme portait des bottines. De si belles bottines…

 

Le singulier destin de Gestalt – Chapitre III 6 décembre 2009

Filed under: Écritures/Textes — Laure @ 08:00
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Dernier petit chapitre 😉

Chapitre III

Gildas me brossait. Il me dit : « Tu es un bon cheval. Il y a longtemps que je te dresse. Il faut dire que ta mère était une jument remarquable. Je me souviens bien d’elle, Grise du Lagon. Une jument alezane à qui tu ressembles énormément ! Tes balzanes herminées sont identiques aux siennes… ». Il s’arrêta, me regarda, soupira. Il reprit : « Louis XIV vient dans ce haras pour prendre nos meilleurs « selle français ». C’est la race qu’il préfère pour ses chasses à courres. De nombreux étalons sont partis pour Versailles. Je ne supporte pas de voir mes chevaux partir, sans que je puisse faire quoi que soit. Mais aucun ordre du roi ne doit être contredit. ». Une larme glissait sur son visage plissé.

Quelques semaines après, Gildas me pansait énergiquement. Je compris que mon départ était proche. Cinq chevaux me précédaient. Nous partîmes en attelage.

Après des jours et des jours de voyage, nous arrivâmes enfin aux écuries royales, face à la cour d’honneur du château de Versailles. Quelques jours de repos passèrent, puis un matin, un homme se présenta, précédé d’une allée de révérences, coiffé d’un immense chapeau à plume. Il déclara solennellement en me désignant : « Après moult réflexion, ce destrier conviendra parfaitement pour la forêt de Rambouillet. ». On me prépara.

Une horde de chiens de chasse m’entoura bientôt. Je ne me sentais pas très à l’aise. L’homme au chapeau s’approcha, monta, aidé de palefreniers, et s’assit lourdement, ce qui me déplut fortement ! Pour qui se prenait-il, celui-là ? En tête de la procession, je m’avançais donc sous ses ordres autoritaires, mais peu clairs, à la limite de la brutalité ! Qu’avait-il à s’agiter ainsi ? Il ne tint jamais davantage en place que ce jour-là et je dus désormais subir les humeurs imprévisibles de ce drôle de cavalier !

~FIN~

Est-ce vraiment la fin ?? ^^ Comment imaginez vous la promenade ? Et ensuite ? 😉
Pour finir, un petit poème inventé à la va vite :

Le nouveau cheval

Le Moniteur

Était à l’heure ;

Il nous a annoncé :

« Nous allons commencer ».


Il nous a présenté

Un cheval Japonais

Qui se nommait Polo

Il était tellement beau !


Sa crinière était d’or,

Plus belle que l’aurore

J’étais émerveillée,

Et j’allais le monter !

Voilà, c’est tout ^^’ Je suis pas poète alors faut pas en demander plus ! x)

 

Le singulier destin de Gestalt – Chapitre II 5 décembre 2009

Filed under: Écritures/Textes — Laure @ 08:00
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Et voici la suite des aventures de notre petit cheval 😉

Chapitre II

Je suis né dans ce haras et y ai constamment vécu. Au début, j’étais avec ma mère, ainsi que les autres mères et leurs poulains. Nous étions dans un champ tellement frais ! L’herbe y était toujours verte et le ruisseau qui le traversait nous désaltérait. Nous faisions des courses de vitesse avec les poulains de ma génération et jouions toute la journée. Régulièrement, nous rejoignions nos mères respectives pour la tétée. Les souvenirs de cet endroit sont si doux et si paisibles que je ne les oublierai jamais.

Mais ce paradis prit fin un matin d’été. Je dormais toujours aux côtés de ma mère. Gildas, que je ne connaissais pas encore, vint pour m’attraper avec ce qu’ils appellent un licol. Réveillé en sursaut, je réussis à lui échapper. Il lui fallut pas mal de temps car je m’amusais à le faire courir. Il n’était pas assez rusé ! Je trouvais toujours les failles ! Il me coinça entre deux arbres et réussit à passer la longe autour de mon encolure, puis le licol autour de ma tête. Il m’emmena à l’extérieur du champ. Je hennissais pour appeler ma mère. Ce fut la dernière fois que je la vis.

Je fus enfermé dans un box. L’espace était restreint par rapport au champ de mon enfance. Je regrettais mes amis, pensais souvent aux moments agréables vécus avec eux et ceux passés avec ma mère. Je me réveillais la nuit et ne pouvais fermer l’œil qu’à l’aube. Je m’ennuyais. J’étais tout de même nourri et pansé par Gildas. Pourtant, il n’y avait pas de complicité entre nous.

Quelques jours après mon arrivée au box, Gildas m’emmena dans des endroits inconnus. J’avais peur de tous ce que je voyais. Des calèches circulaient sur mes côtés et je pilais sans cesse. Les chevaux attelés passaient leur chemin sans même me remarquer. Ils avaient des œillères et suivaient rigoureusement les ordres des cochers. Mon cœur battait à une vitesse folle ! Mais Gildas me parlait et me rassurait. Les péripéties s’enchaînaient chaque jour, nous allions dans des endroits différents et nous engagions dans des chemins aussi rocailleux que les précédents. Au fil des jours, je n’avais plus peur. Je m’habituais aux bruits de la ville, où les sabotiers, les tisserands, les boulangers exerçaient leur métier sous le regard des passants. Je découvris ainsi la région qui entourait le haras. L’extérieur n’avait plus de secret pour moi !

Enfin, Gildas m’ouvrit les barrières et je pus rejoindre les étalons. Là, je reconnus Tornade de juin. Grâce à lui, je m’intégrais facilement dans le troupeau. L’après-midi, Gildas vint accompagné du maréchal ferrant. C’était pour moi. Je sortis du pré et Gildas m’attacha sur la lice. Les deux hommes discutaient. Le maréchal s’approcha de moi et me prit un pied antérieur. Je ne voyais pas ce qu’il me faisait. Je n’avais pas mal, j’étais intrigué. Il fit la même opération aux trois autres pieds. À la fin, je vis que la corne de mes sabots avait diminué. Le maréchal s’éloigna. Quand il revint, il avait une tenaille avec un fer à cheval tout rouge. Il me prit un pied antérieur et ajusta le fer. Il recommença avec les pieds postérieurs. Finalement, il vint avec les quatre fers, et me les cloua. Mes pieds devinrent lourds ! Je perdais l’équilibre. Il me fallut toute la journée pour m’y habituer.

Le lendemain, mon maître m’amenait dans un espace circulaire, où le sol était très confortable ! Plus agréable que l’herbe du pré et, c’est indéniable, que les chemins rocailleux ! Il me tenait par une longe et me faisait tourner autour de lui. Je devais réaliser ce qu’il me disait de faire. Au pas, au trot, puis au galop. Jour après jour, je dus apprendre de nouveaux pas. Il m’enseignait les pas de côtés, les voltes, les placements et une grande quantité d’autres figures. Travailler de cette manière-là me convenait parfaitement !

 

Le singulier destin de Gestalt – Chapitre I 3 décembre 2009

Filed under: Écritures/Textes — Laure @ 08:00
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Vous savez quand on est au collège/lycée, on doit rédiger des histoires ? Bon, mauvais souvenir ? En tout cas, il y a de quoi être fier (ou pas xD) quand on les relit plus tard ! Et donc voici une de mes nouvelles, qui est l’une des plus récentes. Elle est assez courte, mais elle sera tout de même en plusieurs partie ;P

Enjoy 😉

Le singulier destin de Gestalt

Chapitre I

C’était le soir. Nous nous regroupions à l’endroit habituel. C’était à ce moment-là que Gildas venait nous donner le grain. Nous étions nombreux, tous des étalons, alors il y avait de l’agitation autour de la mangeoire. L’idée d’avoir sa ration de grain était obsessionnelle à cet instant. Mais j’avais toujours réussi à l’obtenir. Il suffisait d’aller sur les côtés de la mangeoire et de s’y appuyer pour faire glisser le grain. Aucun des autres chevaux ne s’en rendait compte. De cette manière-là, je ne me faisais pas brusquer et n’étais victime ni de morsures, ni de coups. Il y avait quelques temps, Gildas avait essayé de mettre plusieurs auges, aux quatre coins du pré. Mais le résultat fut le même. Quand certains chevaux avaient vidé leur auge, ils allaient empiéter sur celle des autres. Quand il ne restait plus rien, de sévères combats avaient lieu. Le bilan était pire, l’ancienne méthode restait donc la meilleure. Certains mâles dominaient, alors ils se disputaient la place du chef du troupeau. Gildas n’avait pas trouvé le moyen pour que nous nous apprécions. Depuis, dès qu’il avait vidé son sac, il s’empressait de sortir du champ.

Gildas était notre maître. Un jour, une femme a crié à notre maître son prénom, ainsi, nous l’appelions aussi « Gildas ». Cette femme ne manquait pas l’occasion de crier sur notre maître. Elle semblait assez exigeante. À chaque fois que nous la voyions, elle était vêtue d’une tunique beige, cachée par un tablier rayé rouge bordeaux et bleu ciel. Je ne l’appréciais pas vraiment. Dès qu’elle l’appelait, notre maître devait vite partir et nous laisser. Alors nous étions tristes de le voir partir. Nous aimions beaucoup sa compagnie !

Gildas était plutôt trapu, et avait des mains de paysan, tant il travaillait. Son visage était anguleux, mais il émanait de ses yeux de la bonté. Il s’habillait en permanence d’une veste grise qui lui venait presque jusqu’aux genoux et d’un pantalon si petit que l’on voyait ses chausses dépasser de ses bottes noires. Il prenait grand soin de nos affaires et de ce qui nous appartenait. Il était affectueux. Il nous nourrissait, nous pansait et nous dressait. Il semblait réjoui à chaque fois qu’il venait s’occuper de nous. Et c’était réciproque ! Tout ce qu’il demandait, nous le faisions avec enthousiasme ! Il était le seul à s’occuper de nous, dans ce haras. Excepté Mr. La Vigne, qui était le maréchal ferrant de ce lieu. D’ailleurs, son nom était plutôt surprenant pour le métier qu’il pratiquait. Bref, notre préféré était Gildas, et aucun autre homme ne le remplacerait.

Je suis très fier que ce soit lui qui m’ait donné mon nom : « Gestalt ». Je ne sais pas ce que ce nom signifie mais il évoquait pour Gildas la campagne bavaroise, dont son père parlait tant. Tous les autres chevaux du haras ont des noms composés mais je préfère largement le mien. En fait, je n’en connais pas tant que ça, puisqu’autrefois je ne voyais que les étalons de mon champ. Les autres chevaux, poulains et juments étaient dans des champs séparés du nôtre. Nous essayions souvent de les appeler, mais les champs étaient si éloignés que l’on percevait à peine les réponses. Je n’avais que deux amis « Tornade de Juin » et « Vent frais du matin ». Sincèrement, je n’aime pas leur noms. Il n’y a vraiment que le mien qui fasse distingué !