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Le singulier destin de Gestalt – Chapitre II 5 décembre 2009

Filed under: Écritures/Textes — Laure @ 08:00
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Et voici la suite des aventures de notre petit cheval 😉

Chapitre II

Je suis né dans ce haras et y ai constamment vécu. Au début, j’étais avec ma mère, ainsi que les autres mères et leurs poulains. Nous étions dans un champ tellement frais ! L’herbe y était toujours verte et le ruisseau qui le traversait nous désaltérait. Nous faisions des courses de vitesse avec les poulains de ma génération et jouions toute la journée. Régulièrement, nous rejoignions nos mères respectives pour la tétée. Les souvenirs de cet endroit sont si doux et si paisibles que je ne les oublierai jamais.

Mais ce paradis prit fin un matin d’été. Je dormais toujours aux côtés de ma mère. Gildas, que je ne connaissais pas encore, vint pour m’attraper avec ce qu’ils appellent un licol. Réveillé en sursaut, je réussis à lui échapper. Il lui fallut pas mal de temps car je m’amusais à le faire courir. Il n’était pas assez rusé ! Je trouvais toujours les failles ! Il me coinça entre deux arbres et réussit à passer la longe autour de mon encolure, puis le licol autour de ma tête. Il m’emmena à l’extérieur du champ. Je hennissais pour appeler ma mère. Ce fut la dernière fois que je la vis.

Je fus enfermé dans un box. L’espace était restreint par rapport au champ de mon enfance. Je regrettais mes amis, pensais souvent aux moments agréables vécus avec eux et ceux passés avec ma mère. Je me réveillais la nuit et ne pouvais fermer l’œil qu’à l’aube. Je m’ennuyais. J’étais tout de même nourri et pansé par Gildas. Pourtant, il n’y avait pas de complicité entre nous.

Quelques jours après mon arrivée au box, Gildas m’emmena dans des endroits inconnus. J’avais peur de tous ce que je voyais. Des calèches circulaient sur mes côtés et je pilais sans cesse. Les chevaux attelés passaient leur chemin sans même me remarquer. Ils avaient des œillères et suivaient rigoureusement les ordres des cochers. Mon cœur battait à une vitesse folle ! Mais Gildas me parlait et me rassurait. Les péripéties s’enchaînaient chaque jour, nous allions dans des endroits différents et nous engagions dans des chemins aussi rocailleux que les précédents. Au fil des jours, je n’avais plus peur. Je m’habituais aux bruits de la ville, où les sabotiers, les tisserands, les boulangers exerçaient leur métier sous le regard des passants. Je découvris ainsi la région qui entourait le haras. L’extérieur n’avait plus de secret pour moi !

Enfin, Gildas m’ouvrit les barrières et je pus rejoindre les étalons. Là, je reconnus Tornade de juin. Grâce à lui, je m’intégrais facilement dans le troupeau. L’après-midi, Gildas vint accompagné du maréchal ferrant. C’était pour moi. Je sortis du pré et Gildas m’attacha sur la lice. Les deux hommes discutaient. Le maréchal s’approcha de moi et me prit un pied antérieur. Je ne voyais pas ce qu’il me faisait. Je n’avais pas mal, j’étais intrigué. Il fit la même opération aux trois autres pieds. À la fin, je vis que la corne de mes sabots avait diminué. Le maréchal s’éloigna. Quand il revint, il avait une tenaille avec un fer à cheval tout rouge. Il me prit un pied antérieur et ajusta le fer. Il recommença avec les pieds postérieurs. Finalement, il vint avec les quatre fers, et me les cloua. Mes pieds devinrent lourds ! Je perdais l’équilibre. Il me fallut toute la journée pour m’y habituer.

Le lendemain, mon maître m’amenait dans un espace circulaire, où le sol était très confortable ! Plus agréable que l’herbe du pré et, c’est indéniable, que les chemins rocailleux ! Il me tenait par une longe et me faisait tourner autour de lui. Je devais réaliser ce qu’il me disait de faire. Au pas, au trot, puis au galop. Jour après jour, je dus apprendre de nouveaux pas. Il m’enseignait les pas de côtés, les voltes, les placements et une grande quantité d’autres figures. Travailler de cette manière-là me convenait parfaitement !

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One Response to “Le singulier destin de Gestalt – Chapitre II”

  1. Emilie Says:

    J’adore, c’est vraiment bien raconté ! Et c’est très réaliste, en plus ^^


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